À quelque 600 kilomètres au sud de Tahiti, les îles Australes forment un chapelet volcanique posé dans un océan souvent oublié des circuits classiques. Leur climat subtropical, plus doux que celui des archipels du nord, se prête aux jardins potagers et aux falaises fleuries de tiare apetahi.
Ici, pas de grands hôtels ni de foules mais des pensions de famille où l’on partage le dîner, le chant et les récits des anciens. Les îles Australes vous invitent donc à vivre un voyage en Polynésie Française « comme un Polynésien » : ambiance de village, navigation en pirogue entre îlots sauvages et soirées rythmées par le son grave du pahu.
Dernier atout, et pas des moindres, de juillet à octobre, Rurutu devient la capitale des baleines en Polynésie !
Les Australes : spot privilégié pour l’observation des baleines

Chaque hiver austral, de juillet à octobre, les baleines à bosse quittent l’Antarctique pour les eaux tempérées des îles Australes. Leur pouponnière privilégiée ? Rurutu, où la profondeur chute rapidement à quelques dizaines de mètres le long de falaises basaltiques.
Ici, les mères mettent bas et apprennent aux baleineaux à respirer et à battre de la caudale avant le grand retour vers le Sud. Cette proximité du tombant rend l’approche unique : à bord d’une coque aluminium de dix places, vous rejoignez la zone d’observation en quinze minutes. Lorsque le skipper coupe le moteur, les souffles résonnent et les silhouettes se dessinent sous la coque.
Munis de palmes et d’un masque, les voyageurs glissent doucement à leurs côtés : les chants graves vibrent à travers la poitrine, le baleineau curieux s’approche puis se blottit sous la mère qui déroule sa nageoire pectorale de cinq mètres comme un voile.
Culture et artisanat des Australes

La culture Rurutu se distingue par la maîtrise ancestrale du tressage : dans les villages de Moerai, Avera et Auti, les mama coupent, font sécher puis tissent les feuilles de pandanus pour créer paniers, chapeaux, vanneries et divers objets fabriqués à la main. D’autres assemblent des patchwork de couvertures aux couleurs vives. Ces savoir-faire, transmis de mères en filles, sont aujourd’hui reconnus comme emblèmes des îles Australes et demeurent une source clé de revenus pour les familles locales.
Chaque année, le festival Tere A‘ati rassemble les habitants autour de compétitions de lever de pierres, de chants polyphoniques et d’exhibitions de danse : une occasion unique de découvrir l’âme des Australes. Un esprit plus posé que celui de Tahiti mais tout aussi expressif. Les voyageurs y apprennent aussi à manier le tahiri ra‘a, chasse-mouches cérémoniel façonné dans le bois et les fibres locales, autre témoin de l’identité spirituelle de l’archipel.
Sur Tubuai, les habitants cultivent encore des jardins en planches surélevées hérités des premiers missionnaires. Plantations de taro, agrumes et légumes tempérés y prospèrent grâce au climat doux. Participer à une matinée de récolte lors de votre voyage aux Australes, puis partager un repas traditionnel chez l’habitant, prolonge la rencontre culturelle tout en soutenant l’économie locale. L’artisanat et les rites communautaires tissent un lien vivant entre passé et présent, offrant au voyageur bien plus qu’un simple souvenir matériel.
À l’extrême sud de la Polynésie, loin des circuits habituels, se cache Rimatara, la plus petite île habitée de l’archipel des Australes. À peine 9 km² de terre mais un concentré d’authenticité ! Le bateau ravitaille l’île tous les trois mois et l’avion n’y atterrit que depuis 2006. Cet isolement volontaire a préservé la nature et les traditions, donnant à l’île un parfum d’ailleurs rare. L’artisanat local, notamment le tressage des fibres végétales, est réputé pour sa finesse, et la pêche, vivier essentiel de l’île, rythme encore le quotidien. Le reo-tuhaa pae, langue propre des Australes, y est vivante et chantée, reflet d’une culture intacte. Pour le visiteur, tout se fait à pieds ou en vélo, c’est comme ça qu’il faut découvrir l’ile. L’occasion de manger typiquement des plats polynésiens issus de la pêche et des cultures vivrières !
Les Australes, entre bleu et vert

Si les îles Australes attirent d’abord pour leurs traditions, elles se découvrent aussi à la force des mollets. Sur Tubuai, le sentier du mont Taitaa serpente entre fougères arborescentes et vergers d’agrumes avant d’offrir, au sommet, une vue circulaire sur le lagon et le patchwork fertile baptisé jardin Tubuai.
Du côté de Rimatara, dans les forêts denses, des perruches endémiques aux plumages éclatants virevoltent au-dessus des pandanus et des champs. Pendant l’hiver austral, les côtes deviennent le théâtre majestueux de la migration des baleines, tandis que le Heiva y est célébré loin des foules, dans une ferveur intacte.
Plus au sud, Raivavae dévoile l’un des plus beaux lagons des Australes. Ses eaux aux nuances turquoise entourent de nombreux motu, parmi lesquels le célèbre motu Piscine, réputé pour son banc de sable et ses eaux cristallines peu profondes.
Considérée comme le joyau des Australes, Rurutu se distingue par sa géologie unique, ses falaises spectaculaires, ses grottes naturelles et sa nature généreuse. De juillet à novembre, Rurutu constitue égalemeny l’un des meilleurs sites de Polynésie pour observer les baleines à bosse venues se reproduire et élever leurs petits dans les eaux de l’archipel.
Un séjour hors des sentiers battus
Les Australes sont idéales pour un séjour loin des itinéraires classqieus. Cela revient à privilégier des hébergements gérés par les familles locales qui conjuguent confort simple, gestion raisonnée des ressources et retombées directes pour la communauté.
Les excursions suivent la même ligne : randonnées guidées en petit groupe, collecte de déchets sur la plage d’Ana Iti, visites d’exploitations maraîchères qui fournissent les marchés de Papeete en produits « Australes ».
Enfin, un voyage dans les Australes en cargo mixte, comme celle de l’Aranui, limite l’empreinte carbone en mutualisant fret et passagers. À bord, des conférences sensibilisent aux écosystèmes des Australes et aux projets de reforestation.